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Les «gueules cassées» des réseaux, martyr des gilets jaunes

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18.01.2019

Tous les samedis, le même rituel. Les deux écrans sont branchés en même temps. A la télévision défilent les violences des gilets jaunes. Sur l’ordinateur, les vidéos de violences policières s’enchaînent sur le fil Facebook. Les suiveurs du mouvement sont un peu comme ces parents éplorés, qui doivent déterminer qui a frappé le premier entre leurs deux enfants. A la fin, à la vérité, on ne sait plus qui a frappé en premier. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il faut que ça s’arrête. Et au plus vite.

La violence des manifestants est au cœur des débats sur les plateaux télé depuis deux mois, mais jusqu’à très récemment, les violences policières sont restées un sujet à basse intensité dans les médias. Ce n’est pas que les journalistes n’en aient pas parlé, c’est qu’ils ne s’en sont pas indignés alors qu’à côté, les réseaux sociaux pleuraient. Les images de «gueules cassées» au lanceur de balle de défense (LBD) inondaient Facebook et les JT télé semblaient ignorer ces visages fracturés, ces nez fracassés, ces yeux éborgnés.

Arrêt sur images a épluché les JT de 20 heures de TF1 et France 2 pour compter le nombre de sujets consacrés aux violences policières entre le 17 novembre et le 13 janvier. Le site d’information n’en a dénombré que deux sur TF1, et deux sur France 2, tous consacrés au commandant Andrieux de Toulon. Le 10 janvier, dans une séquence surréaliste, le........

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